Article du Monde publié le 17 février 2020, par Marie Bourreau

La contestation populaire prend de l’ampleur dans la Confédération, second pays – après la Corée du Sud – à adopter cette technologie. Berne a fait un premier pas en direction des opposants en reportant indéfiniment ses directives en attendant de mieux mesurer les effets réels de la 5G .

Lors d’une manifestation contre la 5G, devant le Parlement suisse, à Berne, en septembre 2019. FABRICE COFFRINI / AFP

C’est le paradoxe du déploiement de la 5G en Suisse. La Confédération, habituellement raillée pour sa lenteur et son caractère rétif au changement, fait aujourd’hui les frais de sa hâte à installer cette nouvelle technologie sur l’ensemble de son territoire, sans avoir saisi l’enjeu citoyen derrière cette révolution numérique.

Résultat, un an après avoir accordé les premières licences d’exploitation, le déploiement de la 5G se heurte à une opposition politique, à coups de moratoires pour bloquer les nouvelles installations d’antennes et une forte mobilisation citoyenne. Après des mois à faire la sourde oreille, Berne a fait un premier pas en direction des opposants, samedi 15 février. La Confédération a décidé de reporter indéfiniment ses directives en attendant de mieux mesurer les effets réels de la 5G et de conserver les valeurs limites actuelles qui ne permettent pas de déployer ce nouveau standard mobile à sa pleine capacité.

Tout avait pourtant bien commencé. La Suisse devait être le premier pays occidental à développer cette technologie révolutionnaire, censée améliorer la rapidité et réduire les temps de latence pour mieux développer les objets connectés, de la voiture autonome au réfrigérateur intelligent.

En moins de deux mois, les fréquences, mises aux enchères pour 380 millions de francs suisses (357 millions d’euros), avaient été attribuées aux trois opérateurs de téléphonie mobile Swisscom, Sunrise et Salt. Le 17 avril 2019, les premières antennes étaient déployées, et les opérateurs promettaient que 90 % du territoire suisse serait couvert, dès décembre 2019.

« Aucune idée de l’effet de ces ondes sur la santé »… 

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